Les Terres de l'ogre No hay tierra sin dueno Sami Kafati Quinzaine des Réalisateurs |
Ce film a une histoire : celle de son réalisateur. Sami Kafati, d'origine Palestinienne, naît au Honduras en 1936. Il réalise en 1963 un court métrage Mi Amigo Angel qui est le premier film de l'histoire cinématographique hondurienne. Portrait d'un enfant des rues, l'œuvre évoque par certains de ses aspects Les 400 coups de François Truffaut. Après des études en Italie où S. Kafati découvre le néoréalisme et Fellini, il commence une carrière au Chili en tournant un court métrage sur Pablo Neruda. L'arrivée de la télévision au Honduras lui permet de continuer son métier et d'envisager la réalisation de son premier et dernier long métrage : Les Terres de l'ogre (titre original : No hay tierra sin dueno). Dans le film, S. Kafati fait presque tout : le scénario, l'image, la réalisation et le montage. L'aventure dure douze ans et l'auteur meurt une semaine après avoir terminé le montage. Son fils, après beaucoup de difficultés et quelques aides, réussira à montrer le film en Europe… à Nantes, dans le cadre du Festival des 3 Continents (décembre 2001). |
No hay
tierra sin dueno ( Il n'y a pas de terre sans propriétaire) est le
portrait de Don Calixto, grand propriétaire terrien, potentat local d'un
pays d'Amérique latine. Don Calixto, que tout le monde appelle padrinoî(
le patron, le protecteur, le parrain) ne supporte pas qu'on lui résiste
: il veut maintenir hommes… et femmes sous sa coupe. L'Eglise, les militaires
et un homme d'affaires américain le soutiennent en tentant parfois, mais
très mollement, de contrecarrer ses excès. Alors faut-il parler de manichéisme
? Dans un pays qui tente depuis de nombreuses années de réussir une réforme
agraire ? Mieux vaut s'intéresser au traitement de l'image : un noir et
blanc superbe dont la surexposition évoque les premiers films de Glauber
Rocha. Et s'il fallait retenir une image, comment oublier la mort d'un
homme qui voulait sa part de terre et dont la main griffe désespérément
le sol ? A ce moment-là, nous ne sommes pas loin du chef-d'œuvre d'Herbert
J. Biberman, Le Sel de la terre (1953) !… |
1h47 - 2001 - Honduras - Scénario, image, montage : Sami Kafati - Interprétation : José Luis L—pez, S‡ul Toro, Daniel V‡squez, Marisela Bustillo, Eduardo Bþhr. |