Festival de Cannes semaine de la critique

 

FESTIVAL DE CANNES 2012 : LES SÉLECTIONS - par Gérard Crespo

Nanni Moretti sera le Président du jury de la Sélection officielle. En tant qu’acteur et réalisateur, il succède ainsi à Clint Eastwood, Liv Ullmann, Sean Penn et Robert De Niro, C’est la sixième fois qu’un artiste italien obtient cet honneur : avant lui, Sophia Loren, Alessandro Blasetti, Luchino Visconti, Roberto Rossellini et Bernardo Bertolucci avaient occupé cette fonction. Cinéaste politique ayant développé une œuvre sarcastique envers les institutions italiennes, Nanni Moretti avait été juré du Festival de Cannes 1997 présidé par Isabelle Adjani. Moretti a déjà été primé à Cannes : La chambre du fils a obtenu la Palme d’or et Journal intime le prix de la mise en scène. Par ailleurs, le cinéaste avait présenté quatre autres films en compétition officielle : Ecce bombo, Aprile, Le Caiman et Habemus Papam l'an dernier. Parions que sa présidence du plus célèbre festival de cinéma du monde devrait déboucher sur un palmarès plus audacieux que consensuel.

Le jury est quelque peu éclectique. Hiam Abbas est l'une des plus grandes actrices mondiales. Elle a joué dans des films israélo-palestiniens comme La fiancée syrienne, Free zone ou Les citronniers mais aussi dans des productions internationales (The visitor).

Andrea Arnold, cinéaste anglaise, a reçu a deux reprises le prix du Jury à Cannes : Red Road et Fish Tank consituent deux belles réussites du cinéma conremporain.

Emmanuelle Devos est aussi à l'aise dans l'univers d'Arnaud Desplechin (Rois et reine) que celui de Jacques Audiard (Sur mes lèvres). Au Festival de Cannes, on a pu l'applaudir dans Esther Kahn, L'adversaire, La moustache, Un conte de Noël, Les beaux gosses, Les herbes folles, À l'origine, et Pourquoi tu pleures ?

Diane Kruger s'était déplacée sur la Croisette pour des films aussi divers que Troie, Joyeux Noël et Inglorious basterds. On l'a vu récemment dans L'adieu à la reine.

La présence de Jean-Paul Gaultier peut paraître incongrue. Il a pourtant signé les costumes de nombreux films dont La cité des enfants perdus, Le cinquième élément et La mauvaise éducation.

Ewan McGregor n'a cessé de briller depuis le triomphe de Trainspotting. Du film d'auteur au blockbuster, il est l'interprète de The Pillow Book, Velvet Goldmine, Star wars et The ghost-writer.

Alexander Payne incarne un compromis entre le classicisme hollywoodien et le nouveau cinéma indépendant. Il a réalisé Monsieur Schmidt, Sideways et The descendants.

Raoul Peck enfin est un cinéaste haitien. En 1993, son film L'homme sur les quais avait été présenté en sélection officielle.

Un an après la présentation de triomphale de The Artist, Bérénice Bejo devient la maîtresse des cérémonies d'ouverture et de clôture. La comédienne, lauréate du César de la meilleure actrice pour son rôle de Peppy Miller, avait également été nommée aux Oscar et Golden Globes.

Le Festival débutera par la projection de Moonrise Kingdom de Wes Anderson, l'un des auteurs des plus singuliers du nouveau cinéma américain, à qui on doit des films aussi désopilants que La famille Tenenbaum, La vie aquatique, Au bord du Darjeeling Limited et Fantastic Mr. Fox.

En hommage Claude Miller, récemment disparu, son dernier film Thérèse Desqueyroux sera montré en clôture, après l'annonce du palmarès. Claude Miller avait obtenu le prix du Jury pour La classe de neige. Son œuvre est l'une des plus importantes du cinéma français de ces trente cinq dernières années et il a donné leurs meilleurs rôles à quelques uns de nos grands acteurs : Patrick Dewaere (La meilleure façon de marcher), Michel Serrault (Mortelle randonnée), Charlotte Gainsbourg (L'effrontée).

Sélection officielle, en compétition

Entre fidélité aux grands habitués de la compétition et ouverture aux nouvelles générations, la sélection de la 65e édition du Festival annoncée par Gilles Jacob retrouve l'équilibre qui lui est propre.

Quatre anciens lauréats de Palme d'or proposent leur dernier opus, à commencer par Ken Loach, qui remporta la récompense suprême pour Le vent se lève. Le cinéaste anglais, en compétition avec La part des anges, avait été révélé à la Semaine de la critique avec Kes. Il a présenté de nombreux films au Festival : Regards et sourires (prix œcuménique), Riff-Raff, Hidden agenda, Route Irish, Sweet sixteen (prix du scénario), ainsi que deux œuvres ayant obtenu le prix du Jury : Hidden agenda et Raining stones.

Michael Haneke, Palme d'or pour Le ruban blanc, est lui aussi un habitué de la Croisette : y ont fait sensation Funny games, Code inconnu, La pianiste (Grand prix et double prix d'interprétation), ainsi que Caché (prix de la mise en scène). Amour, sa dernière réalisation, est une coproduction franco-autrichienne.

Abbas Kiarostami présentera quant à lui Like someone in love, tourné au Japon. Palme d'or avec Le goût de la cerise, le cinéaste iranien avait présenté à Cannes Ten et Copie conforme (prix d'interprétation pour Juliette Binoche), que le cinéaste iranien avait réalisé en Italie.

Enfin, le roumain Cristian Mungiu, qui avait créé la surprise avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours, tentera le doublon de la Palme d'or avec Derrière les collines. Le cinéaste avait été révélé il y a dix ans avec Occident.

D'autres lauréats de prix cannois monteront les marches du Palais. Jacques Audiard, Grand prix pour Un prophète, renouvellera-t-il le coup d'éclat avec De rouille et d'os ? La question peut aussi se poser pour Mario Garrone (Reality), Grand Prix pour Gomorra, et surtout Tomas Vinterberg (The hunt), dont on était sans nouvelles depuis Festen, prix du Jury il y a quatorze ans.

On peut s'attendre à d'autres surprises avec la projection de Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas, prix du Jury pour Lumière silencieuse, et auteur de films radicaux dont Japon et Bataille dans le ciel.

Du Mexique au continent asiatique, le cinéma novateur est prolifique et il est permis de parier sur les deux sangsues artistiques du cinéma coréen : Hong Sang-soo (In another country) s'était fait remarquer à Cannes avec La vierge mise à nu par ses prétendants, La femme est l'avenir de l'homme, Conte de cinéma, Les femmes de mes amis, Hahaha (Prix Un certain regard ) et The day he arrives. Son compatriote Im Sang-soo (The taste of money) avait déjà présenté deux films en sélection officielle, The president's last bang et The housemaid, mais aucun n'avait été primé.

D'autres cinéastes s'avèrent plus traditionnels, Tel est le cas du brésilien Walter Salles (Sur la route), qui avait obtenu le prix œcuménique pour Carnets de voyages ; Une famille brésilienne valut le prix d'interprétation féminine à Sandra Corveloni.

À ce cinéma plus formellement sage mais politiquement sincère semble aussi appartenir l'égyptien Yousry Nasrallah qui avait déjà présenté, hors compétition, La porte du soleil. Après la bataille, qui concourt pour la Palme, fait écho aux événements du printemps arabe.

Quant à l'américain Lee Daniels, il fera son baptême de compétition officielle avec The paperboy mais Precious avait eu les honneurs de Un certain regard il y a trois ans.

Il faut maintenant souligner la présence de deux maîtres du 7e art dont les derniers films pourraient mener à la consécration de la Palme : David Cronenberg (Cosmopolis) avait obtenu le prix du Jury pour Crash mais était reparti bredouille avec Spider et A history of violence.

Alain Resnais (Vous n'avez encore rien vu) avait quant à lui été révélé en 1959 par Hiroshima mon amour et avait présenté Stavisky. Il devait obtenir le Grand prix avec Mon oncle d'Amérique et un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière en 2009, année où était en compétition Les herbes folles.

Tentent à nouveau leur chance dans la course à la Palme d'or trois cinéastes jamais primés à ce jour par le Festival de Cannes : le plus doué est sans doute l'autrichien Ulrich Seidl (Paradis : amour), auteur d'un film hors-norme jubilatoire, Import/export, et qui a avait été révélé à la Semaine de la critique par le non moins délirant Dog days.

Sergei Loznitsa avait dérouté les festivaliers il y a deux ans avec My joy, qui avait cependant reçu un accueil critique plus favorable à sa sortie en salles. Il présente cette année Dans la brume, unique film russe de la compétition.

Leos Carax enfin fait son grand retour en sélection officielle avec Holy motors. Depuis l'échec de Pola X, le cinéaste semblait un brin au placard mais la réalisation d'un segment de Tokyo ! (Un certain regard) avait attiré l'attention et replacé quelque peu les espoirs en lui.

Parmi les nouveaux venus en sélection officielle, Jeff Nichols (Mud) fait figure de grand outsider potentiel dans la course à la Palme d'or : Take Shelter avait été l'une des plus éclatantes révélations de l'an passé, couronnée par le Grand prix de la Semaine de la critique.

Mais on peut parier aussi sur deux autres cinéastes américains qui ont su chacun dans leur genre donner un nouveau souffle au western : Andrew Dominik (Killing them softly) est en effet l'auteur du sublime L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford.

John Hillcoat est quant à lui sélectionné pour Lawless. Il avait été révélé par La proposition, avant de réaliser La route, glaciale et glaçante adaptation d'un roman de science-fiction.

Sélection officielle, Un certain regard

On sait que les films présentés dans cette section parallèle officielle sont davantage consacrés aux découvertes et essais radicaux de cinéastes confirmés, mais ne sauraient être qualifiés de mineurs par rapport à ceux projetés dans le grand auditorium Lumière. Cette année, Tim Roth présidera le jury Un certain regard. Tim Roth a été révélé par Quentin Tarantino qui l'a dirigé dans Reservoir Dogs et Pulp fiction. Son premier grand rôle en tête d'affiche lui a été confié par James Gray dans Little Odessa. Depuis, il a collaboré avec plusieurs cinéastes dont Woody Allen, Wim Wenders ou Michael Haneke.

Tim Roth devra délibérer en compagnie de l'actrice Leïla Bekhti (La source des femmes), la cinéaste Tonie Marshall (Vénus Beauté), le critique Luciano Monteagudo et la directrice artistique Sylvie Pras.

Pour ce cru 2012, le cinéma francophone est bien représenté. Xavier Dolan (Laurence anyways), le benjamin de cette sélection, devrait attirer un vaste public séduit par le style et la fraicheur de ses premiers films québécois, J'ai tué ma mère et Les amours imaginaires.

Joachim Lafosse, attachant cinéaste belge, présentera quant à lui À perdre la raison, que l'on espère aussi réussi que Élève libre et Nue propriété.

Ses compatriotes Benoît Délépine et Gustav Kervern, déjà auteurs des percutants Louise-Michel et Mammouth, monteront les marches de la salle Debussy avec Le grand soir.

Signalons aussi la présence de deux réalisatrices françaises. Catherine Corsini (Trois mondes) avait présenté La répétition en compétition officielle. Sylvie Verheyde (Confession d'un enfant du siècle) avait été révélée par Un frère... à la Quinzaine des réalisateurs.

Deux autres réalisateurs ne devraient pas laisser indifférents. Pablo Trapero (Elefante blanco) est l'un des meilleurs ambassadeurs du nouveau cinéma argentin. Il avait séduit la Croisette avec El Bonaerense et Leonera, avant de signer le troublant thriller Carancho.

Lou Ye (Mystery) est l'auteur de Suzhou River, Une jeunesse chinoise et Nuits d'ivresse printanière, tourné dans la clandestinité, et qui obtint le prix du scénario il y a trois ans

Cinq cinéastes seront candidats à la Caméra d'or pour leur premier long métrage, dont Brandon Cronenberg, fils de David : saura-t-il s'inspirer et se détacher de l'ombre paternelle avec Antiviral ?

Ashim Ahluwalia (Miss Lovely), Juan Andrés Arango (La playa), Benh Zeitlin (Les bêtes du sud sauvage) et Adam Leon (Gimme the Loot) sont les quatre autres postulants.

Un certain regard sera aussi l'occasion de découvrir les derniers films de Michel Franco (Después de Lucia), Darezhan Omirbayev (Student), Moussa Toure (La pirogue) et Koji Wakamatsu (11.25 The day he chose his own fate).

Quant à la cinéaste Aida Begic, lauréate du Grand prix de la Semaine de la critique avec Premières neiges, elle présentera son nouveau long métrage, Djeca.

Signalons également un film collectif tourné à Cuba, 7 jours à la Havane, qui réunira sur la même affiche les cinéastes Pablo Trapero (déà présent avec Elefante blanco), Benicio Del Toro, Julio Medem, Juan Carlos Tabio, mais aussi les français Laurent Cantet (Palme d'or pour Entre les murs) et Gaspard Noé (Enter the void).

Enfin, Renoir de Gilles Bourdos, sera projeté lors de la cérémonie de clôture. Le cinéaste avait réalisé Disparus, Inquiétudes ainsi que Et après.



Sélection officielle, hors compétition

Bernardo Bertolucci, présent par le passé à Cannes avec 1900 et La tragédie d'un homme ridicule, présentera cette année Moi et toi. Bertolucci avait également présidé le Jury en 1990 et obtenu l'an passé une Palme d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Une Leçon de cinéma sera cette année effectuée par Philip Kaufman (L'étoffe des héros), qui en profitera pour nous faire découvrir son dernier film, Hemingway & Gellhorn.

En l'honneur du 65e anniversaire, Gilles Jacob et Samuel Faure nous ont concoctés ce qui semble être un documentaire commémoratif, Une journée particulière.

C'est désormais la tradition : un blockbuster américain est présenté en avant-première à Cannes : Madagascar 3, Bons baiser d'Europe de Eric Darnell et Tom McGrath est cette année l'heureux élu. Espérons une projection aussi fun que pour Shrek ou Là-haut.

Comme tous les ans, des Séances de minuit seront consacrées au cinéma de genre. C'est ainsi que l'on découvrira le dernier film de Dario Argento, modestement intitulé Dario Argento's Dracula, et qui marquera peut-être le grand retour de l'auteur de Suspiria.

Et Takeshi Miike, révélé à Cannes par Gozu, et en compétition officielle l'an dernier avec Hara Kiri : mort d'un samouraï, adaptera l'univers du manga avec Ai To Makoto.

Deux autres films complètent ces séances nocturnes : The Sapphires, premier long métrage australien de Wayne Blair ; et Maniac, remake d'un film d'horreur américain réalisé produit par Alexandre Aja, également auteur de l'adaptation.

Des séances spéciales auront enfin lieu, dont l'une consacrée à la découverte de Villegas, de l'argentin Gonzalo Tobar, qui concourt pour la Caméra d'or.

Ces séances spéciales seront surtout consacrées au documentaire. Raymond Depardon (Journal de France, co-réalisé par Claudine Nougaret) est un habitué du Festival : il y avait déjà présenté La captive du désert, 10e chambre – Instants d'audience et La vie moderne.

Mais on attend aussi avec intérêt Les invisibles (sur l'homosexualité), réalisé par Sébastien Lifshitz (Les corps ouverts) et The Central Park five (sur une erreur judiciaire), filmé par Ken Burns (The War), Sarah Burns et David McMahon.

C'est dans ce cadre documentaire que Fatih Akin proposera Garbage in the garden of Eden, situé en Turquie. Le cinéaste avait présenté à Cannes Crossing the bridge : the sound of Istambul, ainsi que De l'autre côté (Prix du scénario).

Roman Polanski sera l'objet d'un film : Roman Polanski : a film memoir de Laurent Bouzereau, et ce quatre années après Roman Polanski : wanted and desired. Il en sera de même pour le musicien Tom Jobin, qui a inspiré à Nelson Pereira Dos Santos A musica segundo Tom Jobin.

Et puis un moment de grâce et de poésie contemplative s'invitera avec Mekong Hotel, qui permettra peut-être à Apitchatpong Weerasethakul de retrouver le miracle de Blissfully yours (Prix Un certain regard), Tropical malady (Prix du jury) et Oncle Boonmee... (Palme d'or)...

N'oublions pas Trashed de Candida Brady, qui sera le désormais incontournable documentaire labellisé développement durable de la sélection.

Enfin, la veille de la cérémonie de clôture sera présenté Le serment de Tobrouk, documentaire sur la guerre en Libye réalisé par Bernard-Henri Lévy.

Outre Philip Kaufman, le compositeur Alexandre Desplats et le vétéran Norman Lloyd donneront chacun une Leçon de cinéma. Le premier a signé la musique de plusieurs films français et étrangers dont certains ont été présentés à Cannes : Quand j'étais chanteur, Un prophète, L'armée du crime, ou The tree of life.



Cannes Classics

Le programme de l’édition 2012 de cette section officielle consacrée à l'histoire du cinéma se compose de 13 longs métrages, 2 courts métrages, d’un mini-concert et de 4 documentaires. Plusieurs restaurations devraient faire événement :

Un moment fort sera la projection de Il était une fois en Amérique (Sergio Leone, 1984), restauré avec 25 minutes de scènes additionnelles, en présence de Robert De Niro, Elizabeth Mc Govern et Jennifer Connelly.

Un autre film fleuve trouvera un nouveau souffle : Sony-Columbia s'est proposé de restaurer Lawrence d'Arabie (David Lean, 1962), à l'occasion du 50e anniversaire du tournage et de la sortie du film.

Universal Pictures présentera une copie du désormais classique Les dents de la mer (Steven Spielberg, 1975), tandis que Pathé mettra à l'honneur Tess (Roman Polanski, 1979), en présence du cinéaste et de Nastassja Kinski.

les Archives nationales du British Film Institute qui ont sauvé 9 films muets de Alfred Hitchcock permettront d'apprécier Le masque de cuir/Ring (1927), projeté en ciné-concert joué par le musicien Stephen Horne.

Un hommage sera également rendu au cinéaste japonais Keisuke Kinoshita (1912-1998), avec la projection, en version restaurée, de la première version de La ballade de Narayama (1958), dont le remake par Shohei Imamura avait obtenu la Palme d'or.

En collaboration avec la cinémathèque de Bologne et l'Institut Luce Cinecittà, le cinéma italien sera honoré avec Voyage en Italie (Roberto Rossellini, 1954), tandis que Andrei Konchalovsky présentera une copie neuve de Runaway Train (1985).

Deux œuvres rares et méconnues auront droit à une renaissance grâce à la World Cinema Foundation : il s'agit du film indonésien After the curfew (Usmar Ismail, 1954) et du film indien Kalpana (Uday Shankar, 1948).

On retiendra aussi un hommage à Georges Lautner et surtout à Agnès Varda, qui sera là en personne pour présenter Cléo de 5 à 7 (1962), restauré à l'initiative du Archives françaises du film du CNC.

Quant aux documentaires, ils seront consacrés à quatre cinéastes majeurs : Woody Allen, John Boorman, Jerry Lewis et Claude Miller.

En clôture, Final cut, film de montage hongrois produit par Bela Tarr, proposera une histoire d'amour racontée par le biais des images de 450 films emblématiques de l'Histoire du cinéma.


Les courts métrages et la sélection de la Cinéfondation

Jean-Pierre Dardenne présidera quant à lui le jury de la Cinéfondation et des courts métrages. Avec son frère Luc Dardenne, le cinéaste a remporté de nombreux prix à Cannes : doublon de la Palme d'or avec Rosetta et L'enfant, prix d'interprétation pour Olivier Gourmet avec Le fils, prix du scénario pour Le silence de Lorna et, l'an dernier, prix du Jury pour Le gamin au vélo.

10 courts métrages seront en compétition : Mon regard saint de Alvaro Aponte-Centeno (Porto Rico), Souffle de Eicke Bettinga (Allemagne), Ce chemin devant moi de Mohamed Bourokba (France), Palestine caisse d'attente des oranges de Bassam Chekhes (Syrie), Le fauteuil de Grainger David (Etats-Unis), Night shift de Zia Mandviwalla (Nouvelle-Zélande), Chef de meute de Chloé Robichaud (Canada), Yardbird de Michael Spiccia (Australie), Cockaigne de Emilie Verhamme (Belgique) et Silencieux de L.Rezan Yesilbas (Turquie).

La Cinéfondation a retenu Derrière moi les oliviers de Pascale Abou Jamra (Liban), Riyoushi de Shoichi Akino (Japon), Les ravissements de Arthur Cahn (France), Slug invasion de Morten Helgeland (Danemark), Tambylles de Michal Hogenauer (République tchèque), Matteus de Leni Huyghe (Belgique), Tabara Din Razoare de Cristi Iftime (Roumanie), Doroga Na de Taisia Igumentseva (Russie), Terra de Piero Messina (Italie), Los Anfiriones de Miguel Angel Moulet (Cuba), The balad of Finn + Yeti de Meryl O'Connor (Etats-Unis), Head over heels de Timothy Reckart (Royaume-Uni), Abigail de Matthew James Reilly (Etats-Unis), Resen de Eti Tsicko (Israël) et Pude ver un puma de Eduardo Williams (Argentine).



Quinzaine des réalisateurs

La Quinzaine des réalisateurs rend cette année hommage au cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan qui se verra décerner le désormais annuel Carrosse d'or. Le réalisateur a vu la plupart de ses films projetés dans la compétition officielle : Uzak (double prix d'interprétation), Les climats (Prix FIPRESCI), Les trois singes (Prix de la mise en scène) et Il était une fois en Anatolie (Grand prix).

Michel Gondry devrait être l'auteur star de cette édition, ou en tout cas celui dont le film est le plus attendu : The We and the I sera projeté en ouverture. On espère un choc aussi fort que Eternal sunshine of the spotless mind ou La science des rêves.

Dans un autre registre, La nuit d'en face est annoncé comme le dernier film de Raoul Ruiz, disparu l'été dernier. Le cinéaste franco-chilien était un habitué du Festival de Cannes, où il avait présenté en sélection officielle Le temps retrouvé et Ce jour-là.

Est également très attendu Ernest et Célestine, film d'animation de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner, les deux premiers ayant réalisé Panique au village, remarqué dans la sélection officielle il y a trois ans.

Deux auteurs français verront également leur dernier opus sélectionnés. Bruno Podalydès (Adieu Berthe, l'enterrement de mémé) est surtout connu pour ses comédies décalées interprétées par son frère, Denis Podalydès, et dont les plus réussies sont Dieu seul me voit et Liberté-Obéron.

Noémie Lvovsky (par ailleurs savoureuse et prolifique actrice de seconds rôles) a réalisé plusieurs longs métrages dont deux merveilles de délicatesse : La vie ne me fait pas peur et Les sentiments. La Quinzaine a cette année retenu son dernier film, Camille redouble.

Les autres cinéastes sélectionnés sont moins connus, à l'exception de Merzak Allouache (Le repenti), cinéaste franco-algérien à qui on doit Bab El-Oued City et Chouchou.

La Quinzaine des réalisateurs se veut en effet un lieu privilégié de découvertes, et six des autres longs métrages concourent pour la Caméra d'or. Il s'agit de Alya de Elie Wajeman, The king of Pigs de Yeun Sang-ho, La Sirga de William Vega, Rengaine de Rachid Djaïdani, Room 237 de Rodney Ascher et Une famille respectable de Massoud Bakshi.



Semaine internationale de la critique

Bertrand Bonello sera le Président du Jury de la Semaine de la critique. Le cinéaste y avait présenté Le pornographe il y a onze ans. Bonello est aussi l'auteur de De la guerre, projeté à la Quinzaine des réalisateurs en 2008, et L'appollonide, souvenirs de la maison close, en compétition l'an dernier.

Pour les courts métrages, la sélection sera sous le joug de Joao Pedro Rodrigues qui distribuera le prix Découverte Nixon du court. Le cinéaste, révélé par O fantasma, avait présenté Odete à la Quinzaine des réalisateurs et Mourir comme un seul homme à Un certain regard.

Céline Sciamma présidera le Jury Révélations de la Semaine de la critique. L'auteure de TomBoy avait elle-même été révélée dans cette prestigieuse section parallèle avec Naissance des pieuvres.

Consacrée aux premiers et seconds films, la Semaine de la critique mise sur la découverte et l'inventivité narrative et formelle. Sept longs métrages seront présentés en compétition. Il s'agit de Aqui y alla de Antonio Mendez Esparza, Au galop de Louis-Do de Lencquesaing, Les voisins de Dieu de Meni Yaesh, Hors les murs de David Lambert, Peddlers de Vasan Bala, Los Salvajes de Alejandro Fadel et Sofia's last ambulance de Ilian Metev.

Parmi les séances spéciales, on notera la présence d'un long métrage de fiction réalisé par Sandrine Bonnaire, J'enrage de son absence. La comédienne réalisatrice avait été remarquée par son documentaire Elle s'appelle Sabine, présenté à la Quinzaine des réalisateurs.



Soirées spéciales, autres sections et prix parallèles

Sean Penn sera accueilli par le Festival de Cannes à l'occasion d'une soirée-collecte de fonds pour Haïti, Carnaval in Cannes, présentée le 18 mai par Giorgio Armani. L'acteur-réalisateur, Président du jury en 2008, est un habitué de la Croisette. Il y a présenté en tant que cinéaste The Indian Runner (Quinzaine des réalisateurs) et The Pledge (compétition officielle). L'acteur a monté les marches pour She's so lovely (prix d'interprétation masculine), Mystic River, The tree of life et This must be the place.

Carlos Diegues sera le président du jury de la Caméra d'or, qui récompense le meilleur premier long métrage de l'ensemble des sections. Le cinéaste brésilien avait présenté à Cannes Bye Bye Brazil, Quilombo et Rio zone.
Le film gagnant succèdera à Las acacias, primé l'an dernier.

Le Cinéma de la Plage proposera des séances en plein air. Outre des découvertes, ces projections permettront de redécouvrir certains James Bond de la grande époque comme Bons baisers de Russie ou Les diamants sont éternels.

Maria de Medeiros et Elia Suleiman seront les parrains de la sélection Les Cinémas du Monde qui présente cette année Ejercicios de memoria de Paz Encina (documentaire, Paraguay), Pupa de Luis Cifuentes (Chili), Mate me por favor de Anita Rocha da Silveira (Brésil), Lian-Qing de Midi Z (Birmanie), Jomo de Kivu Ruhorahoza (Rwanda), Flapping in the middle of nowhere de Hoang Diep Nguyen (Vietnam), Please yourself with the worst de Majdi Lakhdar (Tunisie), A cemetery which breeds grappes every morning de Shahram Alidi (Iran), HeatWave de Riyad Deis (Palestine) et Le chant des Tlous de Luck Razanajaona (Madagascar).

Julie Gayet présidera le jury de la Queer Palm 2012 qui récompense le meilleur film à thématique gay, lesbienne, bi et transexuelle. Les deux premières éditions avaient primé Kaboom de Gregg Araki et Beauty de Oliver Hermanus.

l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) présentera cette année à Cannes sept longs métrages : Casa nostra de Nathan Nicholovitch (France), The end de Hicham Lasri (Maroc), Ini Avan de Asoka Handagama (Sri Lanka), Noor de Çagla Zencirci & Guillaume Giovanetti (France, Turquie, Pakistan), Room 514 de Sharon Bar-Ziv (Israël), Sharqiya de Ami Livne (Israël/France/Allemagne), Stalingrad lovers de Fleur Albert (France), La tête la première de Amélie van Elmbt (Belgique) et La vierge, les coptes et moi de Abdel Messeeh (France/Qatar/Egypte). En séances spéciales ont été sélectionnés Ab Irato, sous l'empire de la colère de Dominique Boccarossa (France), L'été de Giacomo de Alessandro Comodin (France/Belgique/Italie) et El puesto de Aurélien Lévêque (France). Enfin, le documentaire Le cinéma se porte bien de Stéphane Arnoux, Aurélia Georges, Jean-Baptiste Germain et Chiara Malta évoquera la question du cinéma indépendant.



Cet infini glamour
...

Une vaste exposition sera consacrée au glamour. Les dive italiennes du muet, les stars de l'âge d'or hollywoodien et des artistes internationaux feront l'objet de nombreuses galeries. Louise Brooks, Marlene Dietrich, Danielle Darrieux, Anita Elberg, Gary Cooper, Cary Grant, Rita Hayworth et Orson Welles seront quelques une des figures mythiques du 7e art mises à l'honneur dans le Palais.

 

En haut des marches

Stars, vedettes, starlettes ou tout simplement acteurs et actrices : le tapis rouge devrait honorer son statut d'écrin de people et VIP, pour ne pas parler des visages familiers du petit écran et obscurs parasites du show-biz, Toutes sections confondues, les chasseurs d'interview, d'autographes ou de photos devraient notamment trouver leur bonheur dans la sélection suivante des artistes attendus à Cannes cette année :

Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Nils Arestrup, Asia Argento, Sabine Azema, Javier Bardem, Nathalie Baye, Juliette Binoche, Daniel Brühl, Laurent Capelluto, Jessica Chastain, Anne Consigny, Marion Cotillard, Ricardo Darin, Emilie Dequenne, Albert Dupontel, Zach Efron, Charlotte Gainsbourg, Gabriel Garcia Bernal, Paul Giamatti, Adèle Haenel, Rutger Hauer, Clotide Hesme, Isabelle Huppert, William Hurt, Harvey Keitel, Nicole Kidman, Alexandra Lamy, Bouli Lanners, Denis Lavant, Shia LeBeouf, Gilles Lellouche, Valérie Lemercier, Vincent Lindon, Cillian Murphy, Pio Marmai, Matthew McConaughey, Frances McDormand, Malcolm McDowell, Madds Mikelsen, Bill Murray, Edward Norton, Gary Oldman, Clive Owen, Robert Pattinson, Raphaël Personnaz, Michel Piccoli, Melvil Poupaud, Guy Pearce, Brad Pitt, Denis Podalydès, Benoit Poelvoorde, Tahar Rahim, Jérémie Renier, Emmanuelle Riva, Mark Ruffalo, Edith Scob, Tilda Swinton, Audrey Tautou, Jean-Louis Trintignant, Christian Vadim, Reese Whiterspoon, Bruce Willis, Lambert Wilson, Elijah Wood, Zhang Ziyi...


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