Adieu Berthe - l'enterrement de mémé
de Bruno Podalydès
Quinzaine des réalisateurs
palme

Sortie en salle : 20 juin 2012




On a un trou mardi ?

Après nous avoir joué le faux mort dans Vous n’avez encore rien vu, Denis Podalydès prolonge sa relation suivie avec la camarde avec Adieu Berthe, l’enterrement de mémé, qui nous renvoie tout droit à celui, épique, du Grand-Père de Brassens, classe sociale mise à part. Le ton est à la farce et fait allègrement sauter la soupape du trauma d’ordinaire engendré par la grande faucheuse.

À Chatou, jolie bourgade pavillonnaire du Vésinet, Armand se partage entre la pharmacie qu’il tient avec Hélène, sa femme, et Alix, sa maîtresse, avec qui il improvise des tours de magie casse-gueule pour le plus grand étonnement de Julie, la fille d’Alix. « C’est quoi des pompes funèbres, c’est des godasses ? » demande Julie à Armand qui vient d’appendre, quelque peu dérouté de sa réticence au chagrin, que mémé est morte et qu’il faut l’enterrer. Ou l’incinérer. Qu’aurait-elle voulu ? Personne n’en sait rien, on l’avait un peu oubliée cette grand-mère qui réapparaît comme ça sans prévenir.

Armand, tout entier sous l’influence des deux femmes de sa vie, est déjà bien tourmenté par son imminente rupture d’avec Hélène, dont il va bien falloir s’occuper, mais le plus en douceur possible.

Autour du trio gravitent deux satellites qui ajoutent à la perturbation d’Armand : son père, atteint d’un Alzheimer joyeux et festif, mais surtout « la mère supérieure », soit sa belle-mère (géniale Catherine Hiegel) qui, selon son habitude de prendre les choses en main, lui enjoint d’aller chez Définitif, entreprise de pompes funèbres où il est prié de choisir le modèle Twilight.


Cercueils télécommandés, 100 % bio… ce n’est pourtant pas le choix qui manque, proposé par le forcément obséquieux Rovier-Boubet qui l’installe dans un salon aseptisé à côté d’une boîte géante de Lacrimex et lui fait servir quelques financiers en forme de bière.

N’arrivant toujours pas à consommer la séparation d’avec Hélène mais enclin à s’émanciper de l’emprise « mère supérieure », Armand cherche une alternative auprès d’Obsecool, démarche qui permet de reprendre une grande tranche de gags, où Podalydès atteint des sommets defunésiens.

À la faveur de la découverte d’une boîte à secrets oubliée, la dernière partie installe Berthe sur le devant de la scène, personnage principal qui illumine le film par son absence, sur les notes du Petit coquelicot de Mouloudji. Une belle histoire d’amour se reconstitue peu à peu, poussant Armand aux regrets éternels de ne pas avoir assez aimé sa grand-mère du temps qu’elle était vivante.

C’est cette fois le drame des obsèques et du deuil que Denis Podalydès détourne en une comédie réjouissante, à laquelle une pléiade d’acteurs, tous plus formidables que les autres, insufflent une vitalité et une drôlerie à mourir de rire.

Marie-Jo Astic


1h40 - France - Scénario : Bruno PODALYDES, Denis PODALYDES - Interprétation : Denis PODALYDES, Valérie LEMERCIER, Isabelle CANDELIER, Catherine HIEGEL, Michel VUILLERMOZ, Samir GUESMI.

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