Mon frère est fils unique
My Brother Is an Only Child
Mio fratello è figlio unico
de Daniele Luchetti
Sélection officielle
Un certain regard
palme




Latina, petite ville d'Italie. Nous sommes en 1962 et les ondes distillent Chariot. Dans la famille Germano, l'enfant terrible est Accio, dit la Teigne, grand râleur devant l'Eternel. Bagarreur, les nerfs à vif, excessif, Accio a, dès l'enfance, son avis tranché sur tout : le péché, la politique, la philosophie. La guerre endémique qu'il mène à propos de tout avec chaque membre de sa famille va rapidement l'étiqueter à part, lorsque, à peine ado, il est radicalement attiré par l'idéologie fasciste et s'inscrit au MSI. Le beau Manrico, son frère aîné, incite beaucoup plus à la sympathie, d'autant plus qu'avec Violetta, leur sœur, il milite pour la cause du peuple. Si, dans l'affrontement fachos / cocos, la belle Francesca, petite amie de Manrico, a également choisi son camp, son destin n'en restera pas moins lié pour toujours à celui d'Accio, qui malgré les apparences est loin d'avoir dit son dernier mot sur la question humaine.


Car, au cours de ces quinze ans d'histoire, l'euphorie des lendemains qui chantent devront laisser place à des réalités politiques radicales et dangereuses, dont le cœur, les sentiments et les idéaux devront s'accommoder.
Auteur du Porteur de serviette, présenté en compétition à Cannes en 1991, Daniele Luchetti reprend le thème de l'épopée de Marco Tullio Giordana, Nos meilleures années, en resserrant le cadre sur l'humanité de ses deux personnages principaux, bien plus que sur les événements et soubresauts de l'histoire. Le manichéisme apparent est très vite évacué au profit d'une peinture plus subtile des sensibilités des deux frères, si différents et si semblables à la fois, terriblement attachants à l'instar de tous les autres interprètes.
Il serait regrettable d'oublier de préciser que le scénario et les dialogues distillent un humour salutaire – celui des comédies italiennes comme on les aime – le disputant à une authentique émotion.

Marie-jo Astic


1h40 - Italie - Scénario et dialogues : Sandro Petraglia, Stefano Rulli, Daniele Luchetti - Photo : Claudio Collepiccolo - Décors : Francesco Frigeri - Musique : Franco Piersanti - Montage : Mirco Garrone - Son : Bruno Pupparo - Interprétation : Elio Germano, Roccardo Scamarcio, Diane Fleri, Alba Rhorwacher.

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