Lumière silencieuse
Silent Light
Stellet licht

de Carlos Reygadas
Sélection officielle
Prix du jury ex-aequo

palme


De Carlos Reygadas, nous avions apprécié Japón, qui le révéla, et l'étrange Batalla en el cielo, au parfum de scandale, qui heurta les rombières cannoises par un plan séquence plutôt cru tout en présentant une vision assez personnelle de la trame de Crime et châtiment.
Cette troisième œuvre sera plus consensuelle même si l'auteur reste fidèle à son style sec et ses mouvements de caméra lents et envoûtants. La spiritualité qui baignait les deux premiers opus reste en filigrane, ne serait-ce que par le scénario. Un père de famille exemplaire mais époux tourmenté, Mennonite installé au Mexique, est partagé entre son épouse et sa maîtresse. Un drame l'aidera à résoudre son dilemme, et une résurrection le guidera vers le chemin de la sérénité. Les ombres tutélaires de Bergman (Le Septième sceau), Pialat (Sous le soleil de Satan) et surtout Dreyer (Ordet) hantent cet univers de non-dit ésotérique dont le dernier volet regorge de beautés flamboyantes.


Mais si le style de Reygadas est singulier, son penchant pour la pose et la belle image pourront agacer. La poésie ostensible des plans d'exposition et de dénouement (un très beau paysage avec coucher de soleil qui lorgne vers la carte postale) semblera facile et la torpeur durassienne des personnages, qui pouvait paraître novatrice dans les années 70, suscite aujourd'hui un ennui distingué. Il est en outre permis de juger que ce cinéma de la distanciation est une nouvelle forme d'académisme, la création contemporaine se devant d'explorer d'autres pistes narratives et visuelles.

Gérard Crespo

 


2h22 - Mexique - Scénario et dialogues : Carlos Reygadas - Photo : Alexis Zabé - Décors : - - Musique : -- Montage : Natalia Lopez - Son : Raoul Locatelli - Interprétation : Cornelio Wall, Miriam Toews, Maria Pankratz, Peter Wall, Elisabeth Fehr, Jacobo Klassen.

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