Elle s'appelle Sabine
His Name Is Sabine
de Sandrine Bonnaire
Quinzaine des réalisateurs
Prix de la Fipresci


palme


Documentaire passionnant et bouleversant, Elle s'appelle Sabine dépasse le stade de l'album de famille intimiste et du témoignage médical. Ce n'est pas non plus un réquisitoire contre l'univers hospitalier, même si la condamnation de certains soins psychiques est ici explicite, le film ayant été présenté tel quel.
Sandrine Bonnaire a filmé sa jeune sœur Sabine, atteinte d'autisme, et qui avait été internée cinq ans dans un hôpital psychiatrique en 1995. Là, elle subit un traitement difficile. Aujourd'hui, elle vit dans un centre spécialisé en Charente, entourée d'une équipe compétente et humaine. La jeune femme a repris confiance en elle et s'ouvre davantage aux autres mais, vieillie prématurément, elle subit une détérioration de ses fonctions physiques.
Le film se concentre sans complaisance ni voyeurisme sur ce qui revêt à la fois le caractère d'une déchéance et d'une renaissance.



Du passé de Sabine, nous voyons quelques photos et films de famille des années 80. Adolescente mignonne et mystérieuse, elle aurait pu suivre les traces de Sandrine et l'on se met à imaginer une carrière commune, impossible désormais, à la Deneuve-Dorléac. Un voyage à New York dans les années 90 rassemblera les deux sœurs. Le film de leur arrivée en Amérique, ainsi que d'une baignade improvisée, sert d'ailleurs de leitmotiv pour plusieurs séquences dont l'une s'avérera poignante. La voix-off de la réalisatrice, discrète et sobre, donne des précisions chronologiques et explicatives mais Sandrine Bonnaire est aussi indirectement protagoniste, ses échanges avec Sabine la mettant hors champ du fait de sa position de filmeuse.
Depuis Retour à Kotelnich, rarement un documentaire n'aura atteint une telle force filmique et affective. On ne peut que recommander de ne rater sous aucun prétexte cette œuvre déjà diffusée sur Arte à l'automne 2007.

Gérard Crespo

 

 


1h25 - France - Scénario : Sandrine Bonnaire - Photo : Sandrine Bonnaire, Catherine Cabrol - Décors : - - Musique : - - Montage : Svetlana Vaynblat - Son : Jean-Bernard Thomasson, Philippe Richard - Interprétation : -.

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