Liste d'attente
(The Waiting List - Lista de espera)

Juan Carlos Tabio
Sélection Officielle
Un Certain Regard
Prix Education Nationale


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Depuis Fraise et chocolat, le réalisateur est connu pour sa capacité à filmer entre l'humour et la tendresse des histoires de l'univers cubain " post-communiste " de l'après URSS.
Dans Liste d'attente, il porte son regard au cœur d'un système bureaucratique qui régit le monde des transports sur l'”le.
Dans une petite gare routière, croisement de deux routes, un groupe de voyageurs est bloqué dans l'attente hypothétique d'un moyen de poursuivre leur route.
Les scénaristes Tabio et Arango, convoquent Ubu et Kafka pour les empêcher de s'en aller et dessiner ainsi une famille humaine qui va s'ancrer dans ce " port " de l'indéfini.
De la tension initiale et de la lutte fondamentale de chaque individu pour sa survie (partir !), va découler un corps constitué d'un faux aveugle, d'une belle cubaine qui doit rejoindre son futur mari étranger, d'un cubain ténébreux, de deux machos, quelques " mamas ", un couple en désamour, un suppôt de la bureaucratie avec sa famille, un chef de gare usé par le dysfonctionnement quotidien et l'absurdité des règles qui régissent le monde des transports cubains.

Tout est en place pour passer de l'univers d'une comédie de l'absurde à un conte philosophique. De gag en gag, les personnages vont recréer une société plus humaine où, par un effet quasi mécanique, chacun va " inverser " son personnage en transformant la réalité. Au départ, l'union est scellée pour résoudre le problème du départ (réparer un car) et d'une façon naturelle bascule dans l'accaparement de l'environnement (on repeint et aménage la gare routière, exhume une vieille bibliothèque, auto-collectivise la nourriture, plante les légumes...) et dans le bouleversement de l'horloge interne (les machos s'aiment, le couple retrouve le sexe, la belle et le beau cubain filent le parfait amour et le chef de gare devient l'âme de cette mutation), un monde na”t comme un reflet d'une société idéale.
Une fin en cascade, mise en abysse des possibles, va astucieusement conclure l'histoire.
Tout cela n'était qu'un rêve pour rebondir encore et toujours comme si ce scénario était trop beau pour ne pas pouvoir exister.

Jean-Paul Icardi

1h42 - Cuba - Scénario et dialogues : Juan Carlos Tabio, Arturo Arango - Images : Hans Burmann, Senel Paz - Décor : Orrelio Larralde - Musique : Jose Maria Vitier - Montage : Carman Frias - Interprètes : Vladimir Cruz, Thaimi Alvarino, Jorge Perugorria, Alina Rodrìguez, Noel Garcia, Saturnino Garcia.

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