La captive
Chantal Akerman
Quinzaine des Réalisateurs

très content

critique de Nicolas Fine

 

Simon, Ariane, Ariane, Simon… Deux personnages en quête d'amour, de leur histoire d'amour qui semble n'avoir jamais été écrite…
Et pourtant, Chantal Akerman révèle déjà l'univers de Proust où les amants impossibles semblent en apesanteur, chacun gravitant autour de l'autre, sans jamais vraiment l'atteindre.
Ariane, Simon. Se veulent-ils, en sont-ils
capables ? Qu'elle se soit installée chez lui, la rapproche-t-elle de lui ? C'est qu'elle accepte seulement d'être là… légère, évanescente jusqu'à être libre, elle le défie, se faufile à l'extérieur, vers d'autres vies.

Simon la sent, l'espionne, découvre son désir à elle des autres femmes, il joue, il souffre : tant qu'Ariane lui échappe, il peut la traquer ; sa quête d'Ariane vaut plus qu'Ariane elle-même.
Elle lui en veut un peu, mais la fuite de Simon vaut plus que Simon lui-même.
Ariane, Simon, deux électrons libres, à en mourir, de ne pouvoir pénétrer la subjectivité de l'autre, qui reste irréductiblement l'autre, un étranger toujours opaque, comme à travers la vitre dépolie d'une double salle de bains.

Nicolas Fine

1h52 - France / Belgique - Scénario : Chantal Akerman , Eric de Kkuyper, inspiré de “La prisonnière” de Marcel Proust - Images : Sabine Lancelin - Décor : Christian Marti - Son : Thierry de Halleux - Montage : Claire Atherton - Interprètes : Stanislas Merhar, Sylvie Testud, Olivia Bonamy, Liliane Rovère, Françoise Bertin, Aurore Clément.

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