Amours chiennes
(Loves a Bitch - Amores perros)

Guillermo Arriaga
Semaine Internationale
de la Critique
Grand Prix du meilleur long métrage de la Semaine de la Critique Prix de la (toute) Jeune Critique Grand Rail d'or


très content

critique de Gérard Camy

 

Prix de la critique, Prix de la toute jeune critique (un nouveau prix décerné par des lycéens en Option cinéma), Amours chiennes s’est logiquement imposé dans une sélection de la Semaine de la Critique de très bonne qualité. Mexico, un terrible accident de voiture. Trois personnages, entrent en collision. Trois vies que rien ne devaient rapprocher et que le hasard tragique met en relation. Pour son premier long métrage, et Alejandro Gonzàlez Iñàrritu fait preuve d’une maîtrise scénaristique étonnante. Octavio, adolescent meurtri par la violence de son frère aîné, rêve de fuir avec sa belle-sœur qui subit aussi le terrible caractère de son mari. Avec son chien Cofi, il fréquente les bars louches dont les arrières-salles servent d’arènes pour des combats entre molosses. Il espère réunir l’argent nécessaire à sa fuite.
Daniel, un homme de 42 ans, quitte sa femme et ses filles pour aller vivre avec sa maîtresse.
Mais c’est le jour de leur installation, que cette dernière est percutée par la voiture d’Octavio.
Sur les lieux de l’accident El Chivo, un vieil homme, tueur à gages pour arrondir ses maigres fins de mois, récupère Cofi et le soigne.

Quant à la jeune femme, elle est condamnée à vivre sur une chaise roulante.
A la manière de Kieslowski, le cinéaste organise son récit avec une intelligence diabolique et choisit une mise en scène en parfait adéquation avec son propos : saccadée et brutale pour décrire la vie d’Octavio, moins trépidante mais plus intense, plus étouffante pour évoquer les rapports entre Daniel et sa maîtresse, plus tranquille, en long plans mélancoliques pour regarder vivre El Chivo. Un film remarquablement abouti, chargé d’une émotion intense, réflexion sur la vulnérabilité de l’expérience humaine. Et puis, en filigrane, le chaos cru, violent de la ville la plus peuplée du monde ne cesse de peser sur le destin des millions d’hommes et de femmes qui comme les protagonistes du film errent dans les rues dangereuses à la recherche d’une improbable rédemption.


Gérard Camy

2h33 - Mexique - Scénario : Guillermo Arriaga - Images : Rodrigo Prieto - Son : Martín Hernández - Musique : Gustavo Santaolalla - Montage : Alejandro González Iñárritu, Luis, Carballar, Fernando Pérez Unda - Interprètes : Emilio Echevarría, Gael García Bernal, Goya Toledo, Alvaro Guerrero, Vanessa Bauche, Jorge Salinas, Marco Pérez, Rodrigo Murray, Humberto Busto.

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